Toki est en plastique… merde, est-ce que c’est relou du coup ?
Spoiler : la réponse n’est pas celle que tu crois.
Parce que oui, aujourd’hui, le plastique, c’est un peu devenu le méchant officiel. Et il y a de quoi ! Océans pollués, microplastiques partout, déchets visibles et invisibles… On ne peut pas dire qu’on n’est pas au courant. Donc forcément, quand on lance un produit… en plastique… ça fait tiquer. Et c’est normal. Croyez-nous, on s’en est fait des noeuds au cerveau !
Mais voilà, le problème, ce n’est pas vraiment le plastique. C’est surtout ce qu’on en fait. Et sa provenance.
Parce que le plastique, en réalité, est un matériau extrêmement performant. Là, on sait qu’on ne va pas faire l’unanimité mais objectivement, c’est pour ça que le plastique est partout : il est léger, solide, imperméable, facile à nettoyer….
Sauf que le problème, c’est qu’il est utilisé dans 40% des cas pour fabriquer des emballages à usage unique, aussitôt jetés.
Et c’est le vrai paradoxe du plastique. On a inventé un matériau qui peut durer des siècles…et on l’utilise pour emballer un sandwich. Entre autres !
Alors pourquoi Toki est en plastique ?
On ne va pas passer par quatre chemins, c’est parce qu’on n’a pas trouvé mieux. Et ce n’est pas faute d’avoir cherché ! On a exploré les alternatives. Sérieusement.
Notamment avec le plastique biosourcé, celui issu intégralement ou en partie de sources renouvelables (végétales, résiduelles, animales ou algales) qui semblait être une évidence. Rien de mieux sur le papier ! Mais en creusant, ça s’est compliqué.
Déjà parce que les plastiques issus de matière biosourcée ne sont presque jamais 100 % biosourcés. Leur impact environnemental n’est donc pas neutre. Et surtout, ils ne sont pas toujours durables. Et typiquement pour Toki, la forme, la solidité ou la matière auraient pu se dégrader avec le temps.
Donc l’option de produire plus souvent pour compenser un matériau moins durable ne nous a pas paru la meilleure idée. Et pour vous, ça aurait voulu dire changer régulièrement de Toki.
Le fantasme : un Toki sans plastique
On y a pensé et pas qu’un peu. Comme un Toki en métal, par exemple. Sauf qu’en pratique, ton Toki aurait été beaucoup plus lourd, moins agréable à utiliser car « froid » et nettement plus énergivore à produire.
Le métal n’était donc pas la solution miracle. Alors on a réfléchi, encore et encore. Et on a finalement opté pour le polypropylène de grade médical. C’est notre choix. Pas 100% parfait, mais assumé.
Là, t’as le droit de faire les gros yeux ! Le polypropylène, ce nom barbare ! Mais ne t’en fais pas, on te dit tout. Le polypropylène est une résine thermoplastique qui est solide, stable et fiable. En plus, le grade médical garantit un haut niveau d’exigence. Et le recyclé permet de limiter l’usage de matière vierge.
Dit comme ça, ça peut paraître technique. Mais en réalité, ça veut dire quelque chose de très concret.
Le polypropylène, c’est un plastique largement utilisé dans le domaine médical. On le retrouve dans des seringues, des dispositifs hospitaliers, des contenants stériles. Si on l’utilise là, ce n’est pas un hasard : c’est un matériau reconnu pour sa stabilité, sa résistance et sa sécurité.
Concrètement, il coche plusieurs cases essentielles pour un objet comme Toki. Il est suffisamment rigide pour être fiable à l’usage, mais aussi légèrement souple, ce qui le rend confortable et facile à manipuler. Il résiste très bien à l’humidité, aux variations de température, et surtout, il supporte les lavages répétés sans se dégrader.
Autrement dit : c’est un matériau fait pour durer !
Le « grade médical », lui, garantit un niveau d’exigence encore supérieur. Cela concerne notamment la pureté du matériau, l’absence de substances indésirables, et sa capacité à être utilisé dans des contextes où l’hygiène est essentielle. Dans notre cas, c’était non négociable !
Parce qu’un Toki, ce n’est pas juste un objet du quotidien. C’est un objet intime, qu’on utilise dans des conditions parfois pas idéales, qu’on transporte, qu’on nettoie, qu’on réutilise. Il fallait donc un matériau à la fois sûr, fiable et durable dans le temps.
Et les 50 % de matière recyclée ?
Là aussi, c’est un choix important. Essentiel même !
Car, en vrai, c’était pas simple de se dire que le projet est de créer un nouvel objet en plastique en 2025. OK, c’est la solution la plus solide, la stable et la plus sûre mais c’est aussi polluant !
C’est là qu’on a cherché une solution pour réduire un maximum notre empreinte. Laquelle ? Intégrer du polypropylène recyclé (de grade médical évidemment!)
En l'occurrence, ce qui tombait très bien c’est que notre fournisseur dans le Calvados fabriquait déjà des flacons de médicaments avec ce plastique médical.
On a donc pu discuter recyclage et revalorisation de ce plastique avec lui. Et le choix qui a été fait est que, plutôt que de jeter ce qu'on appelle les « carottes » (les chutes de plastique pur issues de la production), on peut les récupérer, les broyer et les utiliser dans la production de Toki.
Le trajet de la matière première fait donc 0 kilomètre (ce qui n’est pas souvent le cas des plastiques recyclés, en général ils font plein de kilomètres pour être triés puis re-livrés) !
Ce choix presque anodin sur le papier entraîne un truc dont on est super fières ! Nos Tokis, ainsi fabriqués, impactent deux fois moins l’environnement que s’ils avaient été fabriqués uniquement à partir de plastique vierge !
Pourquoi c’est un bon compromis ?
Parce qu’aujourd’hui, il n’existe pas de matériau parfait. Le polypropylène coche beaucoup de cases d’usage, même si ok, il reste un plastique. Le biosourcé coche certaines cases environnementales, mais pas toutes les contraintes techniques. Le métal est durable, mais moins adapté à l’usage et plus coûteux en énergie à produire et transporter.
Donc la vraie question, ce n’était pas « quel est le matériau parfait pour fabriquer un Toki ? », mais plutôt : « quel est le meilleur équilibre ? ».
Dans ce contexte, le polypropylène de grade médical (contenant 50% de matière recyclée) permet de créer un objet :
- Suffisamment robuste pour durer des années ;
- Suffisamment léger pour être transporté partout ;
- Suffisamment stable pour rester sûr à l’usage.
Et c’est essentiel ! Parce qu’un objet qu’on doit remplacer souvent, même s’il est « plus écologique » sur le papier, peut finalement, avoir un impact plus important.
Toki n’est évidemment pas parfait.
Mais il est plutôt bien équilibré entre nos exigences et la réalité 🙂 !
Sources :
ADEME - Le paradoxe du plastique (2024)
Citeo - données recyclage France
WWF - rapports pollution plastique
Fondation Ellen MacArthur - économie circulaire plastique
Fondation Tara Océan - microplastiques
PlasticsEurope - production et matériaux plastiques
Ministère de la Transition écologique - stratégie 3R
Office parlementaire (OPECST) - microplastiques et pollution diffuse