Quand on a lancé Toki, une question est revenue plusieurs fois. « Mais… Pourquoi reverser 1 € à une association ? Vous n’avez pas peur de fragiliser votre projet à ses tous débuts ? »

La réponse est simple : si Toki existe, c'est justement parce que le progrès social a encore du chemin à faire. 

Oui, Toki est un pisse-debout. Mais c'est aussi un projet qui parle d'égalité et de dignité dans l'espace public, d'accès aux toilettes et de santé des femmes et des minorités de genre. Et ça, nous ne voulions pas simplement le raconter dans notre communication. Nous voulions avant tout que ce soit inscrit dans le fonctionnement même du projet.

1 € par Toki. Pas 1 € quand tout va bien.

Concrètement, pour chaque Toki vendu, nous reversons 1 € à une initiative féministe qui agit au quotidien pour les droits des femmes et des minorités de genre. C’est au moment de valider ton panier que tu peux orienter ton don vers La Déferlante, le Planning familial ou le fonds LIG (Lesbiennes d'Intérêt Général).

Et ce choix n'a rien d'anodin. Car nous ne reversons pas 10 % de nos bénéfices. Nous reversons 10 % de notre chiffre d'affaires. La différence est énorme.

Le bénéfice, c'est ce qu'il reste une fois que tout a été payé : la fabrication, la TVA, les salaires, les charges… 

Nous avons fait un autre choix.

Chez Toki, le don est en effet prévu dès la vente du premier Toki. Avant même de savoir si le mois sera bon. Avant même de savoir si l'entreprise sera rentable. Ainsi, en achetant un Toki à 10 €, tu sais déjà qu'1 € partira automatiquement soutenir une initiative féministe.

Un choix économique. Et un choix politique.

Soyons transparent·es : pour une jeune entreprise, ce n'est pas une décision neutre.

Quand on vend un produit à 10 €, il faut financer sa fabrication, son conditionnement, son transport, la TVA, les commissions des plateformes de paiement, le service clients, la communication, les frais administratifs comme la comptabilité… et espérer qu'il reste suffisamment pour faire vivre l'entreprise et lui permettre de grandir.

Retirer immédiatement 1 € de cette équation, c'est accepter de réduire sa marge dès le premier jour. C'est accepter qu'une partie de la valeur créée ne soit jamais captée par l'entreprise, mais redistribuée.

Concrètement :
1 000 Toki vendus = 1 000 € reversés,
10 000 Toki vendus = 10 000 € reversés,
100 000 Toki vendus = 100 000 € reversés.

Et cela, indépendamment du résultat comptable de Toki.

C'est un pari. Le pari qu'une entreprise peut être viable sans chercher à maximiser chaque euro de marge. Le pari qu'un projet engagé doit aussi être engagé dans son modèle économique. Et le pari que toi, qui est l’une de nos clientes, tu préfères participer à une aventure collective plutôt qu'à une simple transaction commerciale.

Est-ce que beaucoup d'entreprises font ça ?

Non !

La majorité des démarches dites « solidaires » reposent sur un pourcentage des bénéfices, des opérations ponctuelles ou des campagnes marketing limitées dans le temps. Les entreprises qui choisissent de donner une part fixe de leur chiffre d'affaires sont beaucoup plus rares.

Pas évident d’en trouver donc. Mais parmi les exemples les plus connus, la marque de vêtements Patagonia reverse depuis 1985, 1 % de son chiffre d'affaires à des causes environnementales. Ce modèle est devenu une référence mondiale, précisément parce qu'il est inhabituel : donner sur les ventes plutôt que sur les profits.

Fort de ce succès, son fondateur Yvon Chouinard a cofondé en 2002 le collectif 1% for the Planet, créé pour encourager d'autres entreprises partout dans le monde à adopter cette démarche et à consacrer 1 % de leur chiffre d'affaires à la protection de l'environnement. 

Il existe également le collectif international 1% for the Planet, créé en 2002 pour encourager les entreprises à consacrer au moins 1 % de leur chiffre d'affaires à la protection de l'environnement. Aujourd'hui, ce réseau rassemble plus de 7 000 entreprises membres à travers le monde et a permis de redistribuer plus de 700 millions de dollars à des associations depuis sa création.

À notre toute petite échelle, nous avons envie de mettre notre énergie et une partie de ce que nous arrivons à créer avec ce projet au service d’un objectif solidaire : mobiliser des financements pour soutenir des initiatives féministes qui sont de plus en plus fragilisées dans le contexte actuel (baisse de subventions).

Et si le succès de Toki ne se mesurait pas seulement en ventes ?

Évidemment, nous sommes heureuses à chaque commande. Mais il y a une autre façon de compter. À ce jour, plus de 7 000 Toki ont déjà trouvé leur place dans vos sacs, vos poches, à vos ceintures, vos bananes ou vos sacs de rando. Cela représente donc déjà plus de 7 000 euros collectés au profit d’initiatives féministes.

Et nous trouvons ça assez beau : imaginer qu'un petit objet de plastique recyclé, fabriqué en France, puisse contribuer, à son niveau, à financer des associations, des médias indépendants et des projets qui se battent, tous les jours, pour davantage d'égalité.

Car l’ADN de Toki est bien là. Finalement, nous n'avons jamais voulu créer uniquement un accessoire. Nous voulions créer un objet utile qui puisse, à sa toute petite échelle, participer à rendre le monde un peu plus égalitaire. Et c’est pour celà que nous ne reversons pas une partie de ce qu'il reste mais que nous partageons une partie de ce qui entre.

On voudrait aller encore plus loin

Notre rêve, à terme, est que Toki devienne une SCOP (Société Coopérative et Participative). Un modèle d'entreprise encore minoritaire en France, dans lequel le pouvoir et la valeur créée sont partagés plus équitablement.

Concrètement, dans une SCOP, les salarié·es sont majoritaires au capital et détiennent la majorité des droits de vote. Les grandes décisions se prennent selon le principe démocratique : « une personne = une voix », indépendamment du montant investi au départ. 

Ce modèle nous parle profondément. Parce qu'il considère qu'une entreprise n'est pas seulement un outil pour générer du profit, mais aussi un projet collectif, capable de créer de la valeur économique, sociale et démocratique.

Nous sommes un tout jeune projet et nous avançons étape par étape. Mais si nous avons choisi de reverser 1 € par Toki vendu dès aujourd'hui, c'est aussi parce que nous voulons construire une entreprise alignée avec nos convictions. Cela signifie mettre notre énergie au service de projets solidaires et soutenir les initiatives qui font bouger les lignes et qui ont besoin de moyens.En bref, Toki c’est un projet qui ne cherche pas seulement à vendre un objet, mais à expérimenter une autre manière de travailler. Vers une aventure plus collective, plus solidaire et, nous l'espérons, un peu plus féministe.

Sources :

  • Patagonia
  • 1% for the Planet
  • Union régionale Ile de France des SCOP, BPI

Chez Toki, l’émancipation individuelle va de pair avec un engagement collectif.