Les toilettes publiques racontent également une histoire politique

Dans la plupart des lieux publiques, on retrouve du côté des hommes, des urinoirs et des cabines et uniquement des cabines du côté des femmes.

Au-delà du fait que c’est franchement dérangeant de genrer l’espace public de la sorte, et que nous pensons à nos adelphes trans pour lesquel·les ça peut carrément relever du calvaire ou de la transphobie. Ces toilettes genrées et organisées de la sorte entrainent un problème quotidien : les files d’attente sont toujours plus longues côté femmes. Ou presque. 

Et ce n’est pas qu’une impression ! Selon le sociologue et professeur associé à Sciences Po, Julien Damon, qui évoque « le droit de pisser », les femmes passeraient 2,3 fois plus de temps aux toilettes que les hommes.

Et d’autres recherches sont même bien plus alarmantes, montrant que les femmes peuvent attendre jusqu’à 6 fois plus longtemps que les hommes pour accéder aux toilettes publiques. Un écart qui peut même être spectaculaire avec une attente 34 fois plus longue dans des lieux très fréquentés comme les concerts, les stades ou les festivals. 

La fameuse file interminable devant les toilettes des femmes n’est donc pas un cliché. Elle est le résultat d’infrastructures sanitaires inadaptées. 

Mais alors POURQUOI cette inégalité existe ? 

Plusieurs facteurs l’expliquent. Le premier, l’architecture de nos toilettes publiques. Un urinoir prend beaucoup moins de place qu’une cabine. Dans une surface identique, on peut donc installer 20 à 30 % de “places pour uriner” en plus du côté des hommes. 

Ensuite, le temps d’usage. Les femmes passent plus de temps aux toilettes car dans la cabine, elles gèrent leurs vêtements, parfois les menstruations, elles nettoient la lunette et accompagnent la plupart du temps les enfants…

Conclusion, proposer moins d’infrastructures sanitaires à des femmes empirent les temps d’attentes et creusent les inégalités.  

Un problème dont on se soucie franchement peu en France…et ailleurs. À l’exception de quelques lieux publics ou pays, comme le Japon par exemple, qui s’est récemment saisi du problème en proposant notamment des sanitaires avec parois amovibles dans les espaces publics pour augmenter le nombre de toilettes pour femmes en fonction des évènements organisés dans le lieu. Ou encore en développant une application qui donne en temps réel les temps d’attente dans les toilettes des lieux publiques. 

Faire pipi debout, ce n’est pas une révolution

Soyons claires, faire pipi debout ne va pas renverser le patriarcat. Il en faut (malheureusement) plus. Mais n’empêche que faire pipi debout, c’est quand même un déplacement des normes de genre. Et un potentiel gain de temps. 

Car faire pipi debout, en utilisant ton Toki par exemple ;), ça dit : mon corps peut aussi fonctionner autrement que ce qu’on m’a appris.

Et surtout, ça te redonne le CHOIX. 

Un choix pratique

Personne ne te dira le contraire (et certainement pas nous), faire pipi debout, c’est utile dans pleins de situations. En festival, en randonnée, dans la nature, dans des toilettes publiques sales, sur une aire d’autoroute douteuse, en concert, dans des bars…

Évidemment, personne ne dit que tout le monde doit se mettre à faire pipi debout à partir d’aujourd’hui (T’imagines ?!). Ce serait remplacer une norme par une nouvelle et très peu pour nous. Non, là, l’idée avec Toki c’est juste de dire « C’EST POSSIBLE ».

Et il existe d’autres solutions ! Pour plus d’égalité dans l’accès aux sanitaires, des chercheurs belges ont par exemple montré qu’en augmentant de 1,5 à 2 fois le nombre de toilettes féminin, le temps d’attente devenait quasi semblable.

Mettre en place de toilettes mixtes, avec des urinoirs, serait également une solution. Que tout le monde pourrait alors utiliser avec un pisse-debout. Ce serait la solution ultime à l'égalité sur le temps d'attente. Ou alors on pourrait aussi faire passer tout le monde par la case cabine. Une proposition qui aurait toutefois comme défaut de faire augmenter le temps d’attente pour tout le monde. 

Parce qu’au fond, le vrai problème n’est pas là

Le problème n’est pas de faire pipi debout ou assis. Non, le véritable problème, c’est de ne pas avoir le choix. Et ces normes ne méritent-elles pas qu’on les bouscule de temps en temps ? Ou qu’on les gratte avec un Toki par exemple.

Histoire de se rappeler que même les gestes les plus banals peuvent être politiques.

Sources :
- Huh et Farajollahzadeh - études sur la “potty parity” et l’accès équitable aux toilettes
- Wouter Rogiest et Kurt Van Hautegem - Université de Gand (UGent) – EOS Wetenschap

Chez Toki, l’émancipation individuelle va de pair avec un engagement collectif.